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ON N’EST PAS A CHICAGO
1.« … Depuis toujours, j’ai ce pays au cœur. J’y suis né, j’y vis et j’y mourrai… Mais auparavant, rassurez-vous, je me battrai pour lui ! Pendant la durée de ce mandat qui s’achève, n’ai-je pas - sans discontinuer et sans compter - n’ai-je pas apporté mon soutien, tout mon soutien à ce territoire ? Lors des dernières élections législatives, j’ai obtenu plus de 57 % des suffrages dans cette circonscription. N’est-ce pas là un message fort que m’ont adressé les électrices et les électeurs ?… Je me suis énormément investi dans le secteur industriel que mon prédécesseur avait négligé… Je me suis fortement impliqué dans des dossiers importants et vitaux tels… Mes priorités en cas de réélection ? Tout le monde les connaît. Il s’agit d’avoir une ambition autour de laquelle tout se discute, se décide et se construit. Pour moi, il ne s’agit nullement d’établir l’habituel catalogue des éternelles promesses dont chacun sait qu’elles ne pourront être tenues dans le contexte actuel. Non ! Il s’agit, à partir d’un bilan approuvé par tous et d’un constat partagé avec tous, d’élaborer un véritable projet que les citoyennes et les citoyens pourront s’approprier… Au cours des derniers mois, j’ai beaucoup rencontré, j’ai beaucoup proposé, mais, surtout, et c’est fondamental, j’ai beaucoup é-cou-té. Très nombreuses et très nombreux furent les électrices et les électeurs qui sont venus me parler et qui ont participé à ma réflexion. De cette réflexion mutuelle et de ces nombreux échanges est né un projet commun que je développe avec une équipe de personnes extrêmement disponibles, remarquablement compétentes et étonnamment capables… Oui, je vous réponds : je pense que les mesures gouvernementales très en faveur du pouvoir d’achat vont dans le bon sens… Lors de mes nombreuses rencontres avec les citoyennes et les citoyens de cette circonscription, j’explique que la question du pouvoir d’achat repose sur trois points fondamentaux. D’abord, les salariés qui le souhaitent doivent pouvoir travailler davantage. Pour cela, il est nécessaire et urgent d’assouplir le carcan des trente-cinq heures. Ensuite, si l’on veut que l’entreprise génère de l’emploi, il faut absolument réduire une part importante des charges qui entravent sa volonté d’embaucher. Enfin, dans les années à venir, l’Etat doit impérativement réduire son train de vie si nous ne voulons pas voir nos enfants et petits-enfants devoir prendre en charge le fardeau d’un déficit énorme qui ne pourra que les pénaliser lourdement sur le plan financier et nuire à leur pouvoir d’achat… »
2.- Alors, mon petit Walter, vous le voyez comment ce second tour ?
- Je ne vous cacherai pas, Monsieur, que ce ne sera pas facile.
- Mais encore ?- Vous connaissez les données du problème. En face, il a fait mieux que prévu. Il va aussi bénéficier d’un bon report de voix, c’est certain. Mathématiquement, si nous bénéficions du report de voix prévu, il nous en manquera encore un bon millier pour espérer l’emporter. Et puis, il y le sempiternel problème de l’abstention…
- Dites donc, Walter, ce n’est guère brillant ! Vous entrevoyez le moyen de l’emporter sachant qu’il ne nous reste qu’une très petite semaine ?
- C’est sûr, six jours, cela risque d’être un peu court, Monsieur.
- Alors, mettez le paquet, Walter ! Mettez le paquet ! Foncez !
- En matière d’affichage, on ne pourra faire plus. Même chose pour le porte à porte, les boîtes aux lettres... Nos gens sont déjà sur le pied de guerre. Vous avez encore quelques réunions qui peuvent se révéler décisives…
- Mais l’autre en face, il a tout pour plaire ! Une gueule à la Redford ! La répartie facile ! Le sens de la formule qui tue ! Il faut l’avouer, aucune erreur dans sa campagne. Irréprochable ! Si je m’écoutais, j’aurais presque envie de voter pour lui dimanche prochain ! Dites donc, Walter, il n’aurait pas une petite faiblesse quelque part ? Vous voyez ce que je veux dire…
- Aucune, Monsieur, aucune faille. Vous n’ignorez pas que certains le surnomment même l’Incorruptible !
- Je vous rappelle que l’Incorruptible, comme vous dites, a salement fait saigner la guillotine, mon petit Walter. Tiens, elle est bonne celle-là. Non ? Il faudrait peut-être gratter de ce côté-là… Les incorruptibles ont toujours un petit vice caché.
- Je ne vois rien, Monsieur, rien. Aucun point faible. Il est absolument irréprochable. Non, vraiment, je ne vois aucune faille.
- MAIS JE VOUS AI EMBAUCHE POUR QUOI, MON PAUVRE WALTER ? Directeur de campagne, mon cul, oui ! Bon Dieu, bougez-vous ! Remuez-vous les méninges ! Et accouchez vite ! Le temps presse ! Quick ! Quick ! Trouvez-moi quelque chose qui tienne la route. Une vieille et bonne grosse ficelle ! Vous savez bien que ça paie toujours. Allez, je vous fais confiance. Mais n’oubliez pas : on n’est quand même pas à Chicago ! OK ? Vous avez déjà fait vos preuves, mon petit Walter. Go !
3.IMPORTANT DEPLOIEMENT DE GENDARMERIE DANS LA REGION
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Attaque à main armée à la succursaledu Crédit Rural de l’avenue Kennedy
Hier, en milieu de matinée, vers 10 heures, un homme encagoulé a braqué l’une des employées de la banque. Tout s’est passé très vite. Les gendarmes ont aussitôt quadrillé le secteur.
Oui, tout est allé très vite. C’est ce que confirmeront les quelques témoins présents sur les lieux. Il était 10 h du matin lorsqu’un homme encagoulé, l’arme au poing (peut-être une carabine 22 long rifle) à fait soudainement irruption dans le bureau du Crédit Rural de l’avenue Kennedy.
Malgré la présence de quatre clients, l’individu a sommé l’employée de lui remettre la caisse. Encore sous le choc, Gisèle Gravier nous déclare : « J’ai eu très peur. Il m’a surprise. Il portait un survêtement bleu, je crois, une cagoule noire et il avait un fusil. Il m’a demandé la caisse. J’ai obéi. Cela a duré à peine deux minutes. » D’après les premières informations recueillies sur place, le malfaiteur - qui semble avoir agi seul – est reparti avec une somme d’argent estimée à 1 200 euros environ. Cependant, en jaillissant de l’établissement bancaire, le braqueur s’est heurté à M. Gilbert Leriche, le député sortant de notre circonscription qui se trouvait là par le plus grand des hasards. M. Leriche a courageusement tenté d’intercepter le fuyard. Malheureusement, le voleur a frappé le député d’un violent coup de crosse en plein visage. Puis, des témoins auraient vu le braqueur ôter sa cagoule, courir et prendre la fuite à cyclomoteur tandis que M. Leriche gisait au sol, le visage ensanglanté. D’aucuns ont décrit le braqueur comme un homme jeune, plutôt grand et svelte et de type méditerranéen.
Un témoin de ce hold-up a donné l’alerte, ce qui a permis l’arrivée rapide des gendarmes sur les lieux du braquage ainsi que le déclenchement du plan Busard et le déploiement sur toute la région d’importantes forces de gendarmerie. Sous le commandement du capitaine Milan, plus d’une trentaine d’hommes ont été mobilisés sur le terrain. Les gendarmes ont procédé à de multiples contrôles de véhicules sur les axes majeurs partant de l’agglomération et en direction des départements limitrophes.
Outre le quadrillage du terrain, les techniciens de la police technique et scientifique se sont rendus sur les lieux pour les premières constatations. Les gendarmes devront visionner attentivement les images prises par la caméra intérieure de la banque. Le plan Busard, qui n’a pas permis de retrouver la trace du braqueur, a été levé à 13 h 30.
Quant à M. Leriche, qui a su payer de sa personne au moment de ce hold-up, transporté rapidement aux urgences, il semblerait que son état n’inspire aucune inquiétude. Malgré une arcade sourcilière ouverte, qui a nécessité quelques points de suture, le député sortant a tenu à préciser : « Je tiens à remercier toutes celles et tous ceux qui, fort nombreux, m’ont témoigné leur sympathie. Je tiens également à remercier mon adversaire qui a fait montre, lui aussi, de sa sympathie que je qualifierais de « loyale ». Si je suis élu, je m’engage auprès des citoyennes et des citoyens de cette ville et de cette circonscription, je m’engage à me battre pour que tous les moyens - je dis bien : tous les moyens - soient mis en œuvre afin que de telles agressions contre les biens et les personnes cessent au plus vite. Les femmes et les hommes de ce pays aspirent à l’ordre et à la sécurité. Ces femmes et ces hommes, leurs familles et leurs enfants, désirent avant tout que les lois de ce pays qui est le leur soient respectées et qu’on en finisse avec de telles exactions ne sont l’œuvre déplorable que d’une infime minorité. »
4.
Elections législativesDernière ligne droite décisive
Majorité-Opposition : le coude à coude
Quelle majorité sortira des urnes ?
Assemblée nationale :quelle couleur pour les 5 ans à venir ?
Un scrutin plus serré que prévu
Dimanche 17 : chaque voix comptera
5.
- Bonjour Monsieur. Comment vous sentez-vous ?- Comme on peut se sentir après un coup pareil, mon cher Walter ! Vous avez vu la tête que je me paie ? On croirait Rocky ! Vous savez, j’ai passé l’âge de jouer les Zorro ! Ah ! le salaud, il ne m’a pas raté ! Si vous aviez vu, mon arcade pissait le sang !
- C’est une partie du corps assez fragile. Quand elle est touchée, c’est toujours spectaculaire, mais ce n’est pas grave. Les médecins ont dû vous rassurer ?
- Oui, mais un costume de foutu ! Et une tête pas très photogénique !
- C’est sans doute le prix à payer, Monsieur. Votre geste courageux a été très apprécié. Même la presse nationale en a parlé. Il se dit un peu partout que vous avez su payer de votre personne. Ce qui n’est pas si fréquent par les temps qui courent
- Mais, vous croyez que je peux sortir et me balader avec une tête pareille ?
- Je vous le conseille, Monsieur, je vous le conseille. Soyez certain qu’on ne vous parlera que de ce hold-up et de votre intervention. Esquivez. N’exploitez en rien ce qui est arrivé. On vous accuserait d’exploiter, voire d’instrumentaliser votre agression. Revenez-en aux points essentiels de votre campagne. N’oubliez pas qu’il ne nous reste que deux jours. Nous ne pouvons plus disposer de chiffres, mais il se dit que votre cote serait plutôt à la hausse…
6._______________________________________________
Le braqueur du Crédit Rural court toujoursMalgré l’important déploiement des forces de gendarmerie, l’auteur du braquage de l’agence du Crédit Rural court toujours. Rappelons qu’il était entré dans l’établissement bancaire cagoulé et armé et qu’il s’était fait remettre un fond de caisse d’environ 1 200 euros. Rappelons encore que le malfaiteur, au cours de sa fuite, avait blessé au visage M. Gilbert Leriche, député sortant, qui se trouvait par hasard sur les lieux et qui tentait d’intercepter l’individu.
Les gendarmes avaient immédiatement déployé plusieurs dizaines de militaires dans l’agglomération ainsi que dans sa région.
Aujourd’hui, toutes les hypothèses sont possibles. Il est quasi certain que l’auteur du braquage a agi seul. Après son forfait, a-t-il eu le temps de passer à travers les mailles du filet tendu par la gendarmerie ? Ou bien est-il encore dans le secteur ? L’enquête ouverte par les forces de gendarmerie va s’efforcer de répondre à ces questions. En tout cas, elles ne négligent aucune piste et continuent d’enquêter sur le terrain. De plus, les images prises par la caméra intérieure de l’établissement constitueront une pièce importante qui sera exploitée par les gendarmes, tout comme les diverses informations recueillies auprès des premiers témoins, parmi lesquels M. Leriche.
7.Deux cent quatre-vingt-sept voix ! Et pas une de plus ! Dites donc, mon cher Walter, nous avons eu chaud ! Je suis persuadé que s’il n’y avait pas eu ce hold-up et ma présence… fortuite à la sortie de la banque… Mais il se murmure déjà que j’aurais refait mon retard grâce à mon arcade sourcilière ! Et que je l’aurais remporté grâce à un peu d’hémoglobine ! Il se dit même que tout ça sentirait la mise en scène, le mauvais film américain. Mais vous n’ignorez pas, mon cher Walter, qu’il se raconte des tas de choses dans nos petites provinces. On n’est quand même pas à Chicago, non ? Il ne faudrait tout de même pas que des faiseurs de rumeur gâtent cette nouvelle victoire. Il ne faudrait pas non plus que quelqu’un puisse confirmer ces bruits, voire apporter certaines preuves… Mon cher Walter, je compte donc sur vous pour faire taire ces rumeurs… infondées.
8.____________________________________________________Hold-up du Crédit Rural : tragique épilogue
Macabre découverte en forêt de Chavannes. Alors qu’il effectuait son jogging hebdomadaire, M. Christophe Maillard a eu son attention soudainement attirée par une masse assez volumineuse accrochée à la branche d’un chêne. Quelle ne fut pas sa frayeur quand il découvrit qu’il s’agissait là d’un corps humain. Reprenant ses esprits, M. Maillard appelait pompiers et gendarmes. Lesquels, arrivés sur les lieux de la macabre découverte, n’ont pu que constater le décès par pendaison d’un individu dont l’identité n’a pas encore été révélée. Cependant, les gendarmes constataient très vite qu’il s’agissait là du braqueur du Crédit Rural recherché depuis plusieurs jours. En effet, non loin du corps sans vie, ils découvraient un sac de sport contenant notamment une part du magot, l’arme ayant servi lors du hold-up ainsi que quelques boîtes de conserve. Quelque temps plus tard, les gendarmes devaient retrouver le vélomoteur abandonné dans la Grande Allée des Cerfs. Pour le moment, les enquêteurs retiennent la thèse du suicide. Pour eux, le jeune malfaiteur, aux abois depuis le quadrillage permanent du terrain, aurait « craqué » et aurait mis fin à ses jours. Cependant, il demeurerait quelques zones d’ombre autour de ce tragique épilogue. Affaire à suivre…
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